04 septembre 2019
Spectaculairement désavoué par Macron, Delevoye nommé ministre ! (Présent)

Pantouflage ou enfumage ?
Haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye avait présenté en juillet son projet de réforme de retraite et de fusion des régimes. Il prévoyait de reculer l’âge de la retraite de tous, avec cette notion d’« âge d’équilibre à 64 ans », forme politiquement correcte pour dire : retraite à 64 ans. Le mois suivant, Macron le désavouait et annonçait sa préférence pour une augmentation des trimestres obligatoires de cotisation, sans cependant toucher à l’âge officiel de la retraite, soit 62 ans (voir Présent du 30 août). Ce mardi, c’est le même Delevoye désavoué, ridiculisé, qui devient ministre. Forme de mise à la retraite, pour le coup ? Prétexte à retarder ou enterrer une réforme quasiment impossible à mettre en œuvre ? Un peu des deux.**
Ce mardi 3 septembre, l’Elysée a fait savoir que l’ancien ministre UMP Delevoye intégrait le gouvernement en qualité de chargé de la réforme des retraites, sous la direction d’Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé. Ce franc-maçon notoire, l’un des plus influents parmi les 500 maçons de cette fraternité qui entoure le président Macron, était président du Conseil Economique, Social et Environnemental jusqu’en 2015, le CESE, ce « machin » qui ne sert à rien, et qu’il est toujours question de supprimer, mais qui compte tellement de frères en son sein, qu’il survit à toutes les réformes. Delevoye est aujourd’hui âgé de 72 ans, il a lui-même largement dépassé l’âge de la retraite, et cette nomination en qualité de ministre (il l’avait déjà été du temps de Raffarin) ne changera pas grand-chose à sa mission sur les retraites. Il s’agit davantage sans doute d’une forme de reconnaissance, ou de compensation, suite au rapport remis le 18 juillet au chef de l’Etat, travail que Macron avait rejeté en quelques mots, lors du G7 qui a suivi, et à la surprise générale. Ce qui avait d’ailleurs entraîné une certaine cacophonie gouvernementale.