20 septembre 2019
La Vapoteuse dans le collimateur

Elle est vendue depuis des années comme la solution pour arrêter le tabac, la cigarette électronique est à présent dans le viseur de certaines autorités sanitaires. Plusieurs Etats ont interdit sa commercialisation… des Etats figurant parmi les plus grands producteurs de tabac.
L'industrie de la cigarette électronique tousse
Habituellement présenté comme une alternative préférable à la cigarette, le vapotage suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations sanitaires. En effet, de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer des effets néfastes sur la santé. Les doutes qui entourent le vapotage concernent avant tout les adolescents, cibles prioritaire d'un marketing agressif et créatif des fabricants. Ainsi, certains Etats, et pas des moindres, ont accéléré le pas en interdisant son usage. Mardi, l'Etat de New-York et ses 20 millions d'habitants, est devenu le second État nord-américain après le Michigan, à interdire la commercialisation des cigarettes électroniques aromatisées. Depuis cet été, la pratique est montrée du doigt aux États-Unis en raison de son succès auprès des jeunes.
Le gouvernement de Donald Trump envisage une interdiction fédérale de la commercialisation des cigarettes électroniques alors que les autorités sont confrontées à ce qui s’apparente désormais à une crise sanitaire : plus de 380 personnes ont présenté récemment de sérieux problèmes pulmonaires après avoir vapoté et sept en sont mortes, selon les derniers chiffres du Centre de contrôle des maladies.
Dans la foulée, l'Inde a également annoncé l'interdiction des cigarettes électroniques dans le pays de 1,3 milliard d'habitants au nom d’impératifs sanitaires et de la lutte contre les addictions... l'Inde étant le deuxième plus grand consommateur au monde de produits du tabac, près de 275 millions d'Indiens de plus de 15 ans, soit 35% de sa population adulte, en consomment.
Une décision qui laisse songeur quant aux réelles motivations des autorités indiennes. En effet, derrière les motivations sanitaire se cachent en réalité une intention politico-économique. Et pour cause, l'Inde est le troisième producteur mondial de tabac derrière la Chine et le Brésil mais devant les Etats-Unis et ses cultivateurs représentent un électorat-clé pour les partis politiques.
Concernant les chiffres l'Inde a exporté pour près d'un milliard de dollars de tabac vers une centaine de pays en 2017-2018 et le gouvernement possède aussi des parts substantielles, directement ou indirectement, dans des entreprises du monde du tabac comme ITC, l'un des plus gros cigarettiers du pays. Un point qui n'a d'ailleurs pas échappé à l'Association des Vapoteurs d'Inde qui a accusé le gouvernement de sembler plus soucieux de protéger l'industrie de la cigarette que d'améliorer la santé publique.
Plus largement, les pays en pointe dans la lutte contre la vapoteuse semblent naturellement être les pays producteurs de tabac… ainsi outre les Etats-Unis et l’Inde qui se cachent derrière des raisons sanitaires, d’autres pays devraient suivre comme la Chine, le Brésil ou encore l’Indonésie.
Face à cette levée de boucliers, les autorités sanitaires françaises se sont à leur tour emparées du sujet. L'agence Santé publique France serait en train de se doter d'un outil d'alerte pour recenser les cas d'intoxication présumée, en collaboration avec des pneumologues et des anesthésistes-réanimateurs. Pour l’heure, aucun cas de décès ou de maladie grave lié à l'usage de la cigarette électronique n'aurait toutefois été recensé dans le pays.
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TV Libertés** de ce soir