05 septembre 2019
Auri sacra fames ! le prix de l’or flambe sur les marchés

Exécrable soif de l’or (Virgile) ! Voici le retour de la « relique barbare » (Keynes), le prix de l’or flambe sur les marchés (au plus haut depuis 2013).
Nous ne faisons pas nôtre l’expression de Keynes qui voyait dans l’or une trace du passé et souhaitait qu’il fût écarté de la monnaie, lui qui voulait avant tout une cheap money, une monnaie à bon marché pour favoriser la croissance. Le paradoxe étant que, si l’or flambe, c’est en partie parce qu’on nous a fabriqué de la monnaie (BCE, FED) à bon marché et que cette monnaie de singe issue du fameux QE (politique d’assouplissement monétaire), supposée favoriser la croissance, est de la fausse monnaie. Les banquiers centraux sont en quelque sorte des faux-monnayeurs légaux. Il faut néanmoins reconnaître que l’abandon de l’étalon-or n’est pas d’aujourd’hui : commencé dans les années vingt à la suite de l’effroyable inflation de guerre, il fut poursuivi sur le plan international par l’abandon des accords de Bretton Woods (1944) et la fin de la convertibilité en or du dollar par Nixon dans les transactions internationales (1971). Mais il y avait déjà longtemps que les particuliers ne pouvaient plus obtenir de l’or en échange de la monnaie fiduciaire (le billet) : le cours forcé, dès 1914.