08 septembre 2021
Attentats du 13 novembre 2015 : l’État aurait-il pu empêcher cela ?

Le 13 novembre 2015, la France était frappée par plusieurs attaques terroristes d’une violence sans précédent. Alors que s’ouvre aujourd’hui le procès de Salah Abdeslam, unique survivant du commando djihadiste et de ses complices, la question de la responsabilité de l’Etat, toujours, plane…
130 victimes et 413 blessés. La soirée du 13 novembre 2015 bouleversera la France. Mais près de six ans après, des zones d’ombres subsistent. Lors de l’attaque du Bataclan, les huit militaires de l’opération Sentinelle, présents très rapidement sur place, ne sont pas intervenus. Les soldats n’ont fait qu’obéir aux ordres reçus, le préfet de Paris estimant qu’ils n’avaient pas à agir. Une décision qui poussera un collectif de victimes à porter plainte contre X « pour non-assistance à personne en péril ». Une plainte rapidement rejetée.
Si la plainte n’a pas abouti, la responsabilité politique pose toujours question. Des terroristes avaient pu circuler librement entre la France et la Belgique, sans être inquiétés. Pourtant, les hommes étaient loin d’être des novices en matière de terrorisme : Bilal Hadfi, étroitement surveillé par la police belge, était parti en Syrie en février 2015. Même parcours pour Foued Mohamed-Aggad, Ismaël Omar Mostefaï et Samy Amimour, les trois membres du commando du Bataclan : les trois hommes avaient effectué un séjour en Syrie fin 2013. Un pays où la politique française est trouble : en effet, dans sa volonté de destituer le président syrien Bachar al-Assad, renommé « le boucher syrien », des dirigeants français ont soutenu des organisations terroristes. Le ministre des affaires étrangères de l’époque, Laurent Fabius, affirmait d’ailleurs que l’organisation djihadiste Front al-Nosra faisait « du très bon boulot » en Syrie.
La question de l’immigration se pose également : certains terroristes avaient profité de la crise migratoire du début des années 2010 pour rentrer en Europe. L’Irakien Ammar al Sabaawi, mort dans l’attaque du Stade de France, avait utilisé un faux passeport pour bénéficier du statut de réfugié. La crainte de voir des terroristes se mêler au flux de réfugiés avait été exprimée par des personnalités politiques en Europe, mais qualifiée de « fantasme d’extrême-droite » par une partie de la presse jouant la vierge effarouchée. Un « fantasme » qui s’est malheureusement révélé bien réel.
Le procès permettra, espérons-le, de soulager un peu les victimes d’un drame inoubliable. Pour autant, le gouvernement ne devrait pas apprendre de ses erreurs passées…