Le gardien de la paix a frôlé la mort au sens propre, des cheveux à lui se sont même coincés dans l'écorce de l'arbre qu'il a failli percuter. Le chauffeur, M. Habib, était alcoolisé, sans permis, sans carte professionnelle, utilisant un compte VTC qui ne lui appartenait pas et multirécidiviste de délits routiers. Un profil inquiétant qui est loin d'être un cas isolé.
Selon Sayah Baaroun, secrétaire général du syndicat des chauffeurs privés VTC. "On estime qu’il y a entre 4000 et 5000 VTC qui tournent avec une fausse carte, sans carte ou avec la carte d’un autre". Pour le représentant syndical, les tentatives de régulation de la profession se sont révélées peu efficaces en raison d'un accord tacite entre l'Etat et les plateformes VTC.* "D’un côté, l’Etat se demande quoi faire de tous ces jeunes qui n’auront plus de boulot demain si les règles étaient vraiment appliquées. De l’autre, le discours des plateformes qui disent 'laissez-nous faire, on va s’occuper de la banlieue', message qui est reçu favorablement par l’Etat."*
De son côté, le chauffeur a été déféré dans la soirée de mercredi et mis en examen pour récidive de conduite en état d'ivresse, violences aggravées sur des agents de la force publique et exploitation de VTC sans inscription au registre. Selon LCI, une information judiciaire devait être ouverte ce jeudi.