December 24, 2020
Noël 2030... Noël 2035. La chronique de Julien Langella (Présent)

Retrouvez tous les samedis les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.
Noël 2030, banlieue parisienne. Toute la famille est réunie derrière l’écran plasma géant. L’objet futuriste et rutilant a été subventionné par le ministère du Revenu inconditionnel, qui récompense par ce cadeau les citoyens dont le carnet de vaccination intracutanée est à jour (Covid-30). L’écran est divisé par une grille de programmes, des carrés sont alignés comme les pièces d’une mosaïque. En haut à gauche, dans le coin, Mamie attend qu’on s’intéresse à elle, tandis que Papi est déjà branché sur la nocturne du Crazy Horse : un hologramme se déhanche sur la table basse du salon. « Papi, gros cochon ! », s’écrie Harlem-Adama, le haut potentiel de la famille, chouchou de ses parents adeptes de l’éducation positive. Au centre de l’écran, en 16/9, le film . Le reste de la fratrie recomposée, majoritairement composée de mineurs afghans isolés, s’endort, ivre, devant les bouffonneries de Kev Adams. Chacun, bien au chaud dans sa bulle de plexiglas, déguste sa bûche garnie de crème fouettée au lait de soja. « Petit Papa Noël ! », chante le petit dernier en dégommant une série de barbus en rouge et blanc sur son jeu vidéo à réalité virtuelle augmentée. Nous sommes en 2030, Sibeth Ndiaye est présidente de la République inclusive et Marion Seclin, youtubeuse féministe, vient d’être nommée déléguée interministérielle au respect des . Dans le coin inférieur de l’écran tourne en boucle son discours de la veille, en faveur d’une loi contre les « stéréotypes patriarcaux liés au “père Noël” ». Entre-temps, le projet législatif a été adopté et une notification apparaît sur la visière du petit dernier, déclenchant des hurlements épileptiques : « Ce jeu a été jugé contraire au code de respect des identités de genre. Il a été désactivé. » Des flammes rougissent le ciel, c’est la maison des voisins : les Lambert ont eu le malheur de demander aux Ben Stafoullah, les charmants squatteurs du 26, rue George Floyd, de baisser la musique… Une sirène résonne, c’est l’heure du couvre-feu, il est 20 heures.