L’exhumation s’est faite dans l’intimité en présence de la famille du défunt chef d'état et du ministre de la Justice du gouvernement socialiste. Une manœuvre politique pour laquelle personne n’est dupe… et pour cause, déterrer un homme 44 ans après sa mort ne semble pas être le meilleur moyen d’obtenir des voix… Prévue depuis longtemps, l’exhumation ne devrait finalement pas avoir de conséquence sur la vie politique espagnole ou alors à la marge. Le socialiste Pedro Sanchez, président du gouvernement espagnol, a fait du transfert de la dépouille de Francisco Franco une priorité dès son arrivée au pouvoir en juin 2018, pour que ce mausolée "ne puisse plus être un lieu d'apologie du franquisme".
C’est « une grande victoire de la dignité, de la mémoire, de la justice et de la réparation, et donc de la démocratie espagnole », a lancé le dirigeant espagnol mercredi.
Depuis sa mort en 1975, la tombe du général Franco, située au pied de l’autel de la basilique, était toujours fleurie. Farouchement opposés à cette exhumation, les héritiers de l'ancien chef d'Etat ont mené une guerre judiciaire pour tenter de le faire enterrer dans la cathédrale de l’Almudena en plein centre de Madrid, où se trouve la fille de Franco, mais ils se sont heurtés au refus de la justice. À l’appel de la Fondation Francisco Franco, qui défend son héritage, ses partisans comptaient se rassembler ce jeudi à Mingorrubio mais cette manifestation a été interdite.