Ainsi, parmi les priorités qu’il a affichées mercredi, Macron a expliqué vouloir « actualiser » durant ce semestre de présidence française la « charte des droits fondamentaux de l’UE » en y inscrivant notamment « la protection de l’environnement » ainsi que… « la reconnaissance du droit à l’avortement ». Comme si ce pseudo-droit était « sacré ». Autres priorités du chef de l’Etat : la « réduction des inégalités salariales entre femmes et hommes » et, bien sûr, la « lutte contre toutes les discriminations »… Mais aussi, la volonté affichée de faire face aux « grands défis du siècle », notamment climatique et numérique. Pour le premier, a déclaré Macron, des « propositions fortes » faites par la Commission européenne seront d’ailleurs mises en œuvre « dans les prochaines semaines », puis « déployées au niveau national ». Quant au très grave problème posé par ces véritables passoires que sont les frontières de l’UE, Macron, s’il a déclaré vouloir « retrouver la maîtrise » de celles-ci, a cependant insisté sur sa volonté de mener dans ce domaine une politique plus « respectueuse de nos principes ».
Bref, un discours du président plutôt attendu, auquel une bonne partie de l’opposition a répondu par des critiques assez vives, mais amplement justifiées. C’est le cas notamment de l’eurodéputé RN Jordan Bardella, qui a lancé à Macron dans l’hémicycle : « Votre projet politique a pour but d’effacer les nations d’Europe, le nôtre de les sauver. […] Vous et vos alliés avez fait de l’Europe l’arrière-cour de Washington, la proie de Pékin, le paillasson d’Erdogan et l’hôtel de l’Afrique. » Et Bardella, de conclure alors : « Pour la France mais aussi pour l’Europe, il est vital que votre mandat reste unique ! » Un peu plus tôt dans la matinée, Marine Le Pen, invitée sur France Inter, avait déjà fait part de sa volonté de « remettre l’UE à sa place », en annonçant notamment qu’en cas d’élection à la présidence elle ferait « voter aux Français une modification constitutionnelle indiquant que tous les textes européens qui sont contraires à notre loi suprême, c’est-à-dire notre Constitution, n’ont pas d’application dans le droit interne français ». Quant à Eric Zemmour, qui faisait campagne à Calais, il a déclaré que l’Europe de Macron était non seulement « une Europe […] dirigée par des élites abstraites, impersonnelles, sans la moindre légitimité aux yeux des peuples », mais aussi « une Europe qui arrache ses propres racines, qui efface sa propre histoire » et « qui ne s’identifie en aucune manière à la civilisation dont elle provient ». •