March 27, 2019
La fièvre "anti-blackface" atteint la Sorbonne

A la Sorbonne, lundi, une représentation des «Suppliantes » d’Eschyle dans le cadre du festival "Les Dionysies" a été empêchée par des manifestants qui protestaient contre... l'utilisation de masques et maquillages noirs par des acteurs blancs.
Une cinquantaine de militants de la Ligue de défense noire africaine (LDNA), de la Brigade anti-négrophobie et du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) ont bloqué l'entrée de l'université, considérant comme raciste le fait d'utiliser des maquillages sombres ou masques pour personnifier les Danaïdes.
Le doyen de la faculté, Alain Tallon, dénonce une action absurde : « C’est absurde, cela n’a rien à voir avec l’intention de la pièce, le “blackface” – se grimer en noir pour se moquer des Noirs – est une pratique que nous condamnons avec la plus grande fermeté. »
Georges-Louis Tin, le président d’honneur du CRAN, persiste pourtant : « Il n’y a pas un bon et mauvais “blackface”, de même qu’il n’y a pas un bon et un mauvais racisme. En revanche, il y a un “blackface” conscient et un “blackface” inconscient, répond Georges-Louis Tin. Le racisme n’est pas seulement une idéologie réservée à l’extrême droite. Ce serait trop simple. C’est pour cela que nous luttons. »