March 24, 2020
Des milliards pour l’économie, et après ? - Pierre Bergerault

Chômage partiel, télétravail, congés payés… le ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a fait le point sur les dispositions et les premiers résultats du plan d’urgence sanitaire voté dimanche.
Concernant le chômage partiel, 37 000 entreprises en ont d’ores et déjà fait la demande. Sur les 8,5 milliards d’euros prévus par le dispositif voté par le Parlement, 2,2 milliards sont déjà engagés et ce n’est qu’un début. Selon la règle, les employés perçoivent 100% de leur smic et 84% du salaire s’ils sont au-dessus. Les entreprises avancent… le remboursement par l’Etat se ferait ensuite au bout de 10 à 12 jours. Le gouvernement cherche à tout prix à éviter les licenciements même si le taux de chômage va en prendre un coup.
Sur les 300 milliards d’euros de prêts aux entreprises garantis par l’Etat, leur montant pourra représenter 3 mois de chiffres d’affaire, à un taux de 0,25%. Les banques peuvent déjà se frotter les mains…
Interrogé sur le télétravail, le ministre demande de la souplesse aux employeurs sur le niveau d’exigence mais insiste : « aucune poste en télétravail ne doit manquer à l’appel ». Sur les 20 millions de salariés en France, 8 millions sont concernés.
De son côté, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a exhorté les salariés des secteurs essentiels comme l’agroalimentaire à reprendre le travail. Mais l’idée d’établir une liste de secteurs autorisés pose problème car tous les secteurs sont imbriqués. Le service économique minimum s’avère donc un véritable casse-tête d’autant que la sécurité des salariés reste non négociable. Adieu les valeurs de rentabilité et de productivité. Toutefois, le ministre du Travail négocie branche par branche. Après l'accord pour les chantiers trouvé samedi, la métallurgie devrait aboutir sur un protocole.
Pour ce qui est des congés payés, le ministre l’assure, il n’a jamais été question de les imposer, « seul un accord d’entreprise ou de branche pourra permettre à l’employeur de fixer une semaine de congé payé en dehors des règles actuelles ».
Quant à savoir si ces mesures seront temporaires, Muriel Pénicaud a rappelé que le projet de loi voté prévoit une durée de 2 mois de crise. Mais nul ne sait aujourd’hui si le délai devra être rallongé…
Pierre Bergerault