June 04, 2019
Balkany et la "planque" de Marrakech

Le maire de Levallois prétend à la barre que le riad de Marrakech était "une maison secrète" pour un milliardaire saoudien menacé de mort dans son pays. Une "version folle", réagit l’intéressé devant un président imperturbable.
Pour revenir à l’affaire de Marrakech, Arnaud Claude n’est pas à la barre en tant « qu’associé » mais en tant que maitre d’œuvre présumé du montage ayant permis l’achat du palais oriental Dar Gyucy. Comment s’est-il retrouvé dans cette opération ? Avocat de la ville de Levallois depuis 36 ans (« à l’époque où la mairie était encore communiste »), Arnaud Claude est avant tout spécialiste « d'expropriation » (« J’ai exproprié tout Levallois !»). En revanche, il ne « connaît rien à l’immobilier de Marrakech et encore moins aux montages offshores », jure-t-il. Il prétend aussi avoir « toujours refusé de mélanger les dossiers privés de ses clients du cabinet », mais il a agi uniquement* « par amitié »* pour son « ami Jean-Pierre Aubry ». Aubry, ancien directeur de cabinet de Patrick Balkany et directeur de la Semarelp, la société d’économie mixte en charge de l’aménagement de la vile, lui demande donc en 2009 « de l’aider à acheter une maison à Marrakech pour le cheik saoudien Mohamed Al Jaber ». Al Jaber est alors le promoteur qui projette de construire deux tours géantes à Levallois. Arnaud Claude sait bien qu’Al Jaber est un « client » de la ville, mais cela ne lui « pose pas de question ». Il met son* « ami Aubry»* en relation avec un avocat suisse et aimerait bien convaincre qu’il n’a rien fait d’autre… Mais L’enquête judiciaire démontre que Me Claude est par la suite le rouage indispensable du montage, à toutes les étapes du projet. C’est même lui qui écrit au notaire marocain pour l’informer du virement. La lettre à en-tête de son cabinet est projetée sur l’écran géant de la salle. Fâcheux…* « J’étais en vacances en mer sur un bateau, c’est quelqu’un de mon cabinet qui a rédigé cette lettre et imité ma signature »,* bredouille l’avocat, évoquant « des instructions d’Aubry ». Mais comme ce même jour, son « téléphone portable est tombé à l’eau », il a été impossible de le déterminer. Sourires dans la salle.