November 10, 2022
« Affaire » de Fournas : tout était déjà écrit pour les médias de grand chemin (Ojim)

Le 3 novembre 2022, à l’Assemblée nationale, le député Grégoire de Fournas régissait à une question posée au gouvernement par un député de la France Insoumise, Carlos-Martens Bilongo, relative au sort de migrants en mer Méditerranée à bord du bateau d’une O.N.G. Aussitôt, la machine à disqualifier et à condamner s’est mise en marche. Les médias centraux n’ont une fois de plus pas manqué d’y apporter leur active contribution. Revue de presse.
Les méthodes de production du scandale
L’essayiste et universitaire canadien Mathieu Bock-Côté nous a habitué aux analyses souvent clairvoyantes des ressorts de la vie politique française Dans l’édition du 3 novembre de Valeurs actuelles, il signe une tribune intitulée « *pourquoi la gauche veut en finir avec Valeurs actuelles *».
Si la démonstration en question concerne la tentative de changement de la ligne éditoriale du journal, elle trouve également à s’appliquer à l’incident opposant Grégoire de Fournas à Carlos-Martens Bilongo :
« Les méthodes de production du scandale sont connues : un journaliste de gauche s’empare d’une phrase, d’un extrait de phrase, d’un slogan décontextualisé dans un meeting, d’une photo, puis la jette dans l’espace public ou, de plus en plus, sur les réseaux sociaux, en obligeant les uns et les autres à commenter sur le mode de l’indignation (…). Se crée immédiatement un effet d’entrainement : personne ne veut être pris à ne pas commenter de la manière la plus outrée qui soit. On pourrait le dire avec les mots d’Orwell : quand sont déclenchés les « deux minutes de la haine », le moindre silence sera interprété comme une marque de dissidence et d’insoumission, transformant dès lors le discret en complice du diabolisé du moment, ce qui justifiera à son tour sa propre diabolisation. »
La méthode 1984
De fait, cet enchainement des faits a été rigoureusement respecté dans l’affaire de Fournas :
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une phrase montée en épingle et sortie de son contexte,
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une médiatisation à outrance,
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la course à l’indignation, dans ce cas de figure, des députés NUPES au président de la République,
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la diabolisation de ceux qui ne participent pas au concert des critiques de la personne visée.
(...) lire la suite sur l'Observatoire du Journalisme (OJIM)